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mercredi 23 septembre 2015

On remet ça

Dans moins de 4 heures, la Coupe du Monde reprend ses droits : début du deuxième tour des phases de poules. Les supporters avisés que nous sommes se réjouissent du retour de la compétition qui nous a offert un premier tour alléchant : la France qui gagne à 8 et demi contre quinze (les avants plus un Michalak sur une patte), l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande pas si dans leur assiette que ça face à des adversaires coriaces, l'Irlande et le Pays de Galles faisant grosse impression, oui mais quelle était réellement la valeur des équipes adverses du continent américain. Et puis l'apothéose, les Nippons qui rient et les Boks qui pleurent.

Dans 4 heures, on remet ça. Tout d'abord, pour certains, il va falloir confirmer comme le Japon face à l'Ecosse. La vérité : je n'aimerais  pas être de l'équipe d'Ecosse aujourd'hui tant ce match va être compliqué à aborder contre l'adversaire dont tout le monde attend un nouvel exploit. Imagine les écossais en kilt au bout des 90 minutes... Dur. Mais le pire, c'est que c'est possible même si je vois les écossais plus rapides des pattes arrières que les Sudafs et donc plus à même de déranger les Japonais qui n'auront pas qu'à se concentrer sur le combat cette fois. Et puis, pour donner encore plus d'incertitude à ce match, il y a la fraîcheur physique contre la pression naissant de bien rentrer dans la compétition. Ouvert, je vous dis ce #ECOJAP.

Dans 6 heures, la poule de la mort! En garde! Les Fidji peuvent toujours jouer les trouble fête dans ce groupe. Même si les Samoa ont gagné leur premier match, j'ai trouvé que les Fidji était la meilleure des 3 équipes du Pacifique (il n'y a que le nom de pacifique pour ces équipes d'ailleurs) et elle a fait sa rentrée dans la compétition. L'Australie, équipe emmêlée dans ses incertitudes, mélange de jeunes wallabies et de vieux kangourous est sûrement la plus incertaine des nations majeures en ce mondial 2015. On parle peu d'elle. Elle doit encore perdre sa virginité de jeu sur le territoire britannique ce qui ne lui enlève donc pas la pression du premier match. Plus équilibré qu'il n'y paraît, ce match sera intéressant à suivre car il confirmera que le Groupe A est le groupe de la mort : une Australie dévastatrice et c'est la concurrence attendue avec la rose et le poireau. Une surprise Fidjienne et ce sera la sortie des calculettes au dernier soir des matches de poule. Je me régale d'avance #AUSFIJ.

Dans 9 heures (il faut quand même une heure pour manger un fish&chips, avaler une Heineken seule bière autorisée dans la compétition et se remettre de ses émotions), retour de nos Bleus en bleu cette fois je l'espère. Contre la Roumanie : on vient, on gagne et on s'en va. Que les journalistes nous fassent le coup du vrai faux-suspense du match piège et de l'incertitude née de l'exploit du Japon est un coup aussi bas qu'une fourchette irlandaise dans les yeux d'un première ligne français (oui j'ai la digestion lente avec la Guinnness). Il n'y a rien d'autre à envisager durant ce match qu'une victoire en espérant mettre en place un peu plus de jeu d'arrières une fois le score pris. Ce dernier match de la journée est de loin le moins attrayant au vu de l'enjeu et du jeu. En plus il sera retransmis sur TF1 mais c'est la France donc nous serons là pour #FRAROM. Allez les Bleus.

lundi 21 septembre 2015

Grosso surprise.

Patrice Lagisquet a fait appel à Rémy Grosso pour remplacer l'infortuné Yohann Huget au poste de 3/4 aile de l'équipe de France. Pour une surprise... 

Après avoir annoncé que les 5 cocus recalés de fin août étaient prioritaires pour un retour en Equipe de France en cas de blessure d'un des 31 finalement choisis. Après avoir expliqué qu'on pouvait très bien faire à l'aile avec ce que l'on avait c'est à dire Fofana et Fickou qui jouent au centre dans leurs clubs. Après nous avoir tant dit que le groupe vivait bien et qu'on allait partir à la guerre avec des mecs qui avaient fait ensemble la préparation...

Sauf pour Pierre Berbizier qui l'avait apparemment prévu en avril, l'arrivé de Grosso est une grosse surprise tant elle contredit le discours officiel. Ca doit être douloureux pour l'autre Rémi, Lamerat, de se faire cocufier 2 fois (par un partenaire de club qui plus est même si celui-ci n'y est pour rien). Il ne verra pas l'Albion sauf si d'autres blessures se présentent, au centre cette fois car on l'a bien compris, il fallait un joueur-puncheur. 

Quitte à se contredire, il eut été plus intéressant d'y aller à fond et de créer un électro-choc

Il est évident que Yannick Bru a fait un travail remarquable avec ses avants imposant une première ligne jeune devenue maintenant évidente, construisant une deuxième ligne solide et homogène et permettant l'expression du talent en troisième ligne. 

Comment les gros ne sortent-ils pas du pré samedi soir en ayant envie d'en coller une à ceux de derrière tant ils les ont mis dans un fauteuil pour réciter une partition qui fut finalement un vomi d'imprécisions, de fautes techniques et de ballons tombés bref un gâchis de ce qui était un festin de roi? A force de servir les plats, certains les ont finalement consommés pour finir avec deux essais de piliers... les premiers depuis Califano paraît-il! Rends-toi compte. Bravo aux 8 Français et demi (Michalak sur une jambe y fut tout de même pour quelque chose) qui ont battu 15 italiens. 

Lagisquet n'est plus Lagisque

Cet ailier, finisseur hors-pair m'a fait rêver dans ma jeunesse. Rapide, il avait le nez pour être bien placé et finir les coups sur le terrain (un peu comme moi au bar à l'époque mais c'est une autre histoire). Le nez, qu'il a pourtant proéminent au centre du visage, il semble qu'il l'ait un peu perdu pour constituer et faire fonctionner sa ligne de 3/4. Soyons francs : PSA concentre toutes les critiques mais c'est plus Lagisque devenu Lagisquet qui n'a pas fait ses devoirs derrière et qui est en balance alors que Bru est irréprochable devant. 

Faire venir un bleu chez les bleus pour lui faire cirer le banc et faire le nombre c'est bien, mais cette ligne d'arrières est orpheline d'un papa qui les guide, les rassure, leur donne le tempo. Mettre un vieux, c'est ça l'idée, l'évidence... comme le nez au milieu du visage. Les avants ont Dusautoir et Papé (entre autres, on peut citer Mas, Szarzewski) mais derrière, Lagisquet n'a pas pris un profil équivalent pour sa ligne de 3/4. 

J'aurai aimé retrouver Médard qui commence à avoir de la bouteille et en plus peut couvrir le poste de 15 où je nous trouve prêts à nous enrhumer en cas de coup de froid, mais je ne le crois pas meneur d'homme malgré son âge. J'aurais rêvé de revoir Vincent Clerc qui a plus l'aura du grand-frère se rapprochant du profil et qui aurait pu dépasser Blanco au nombre des essais en Equipe de France (mais son heure viendra avec Guy Novès, j'en suis persuadé). 

Volcan d'Auvergne

Quitte à prendre le contre-pied de tous les discours fondateurs du staff du XV de France depuis le début de la préparation à cette Coupe du Monde, je n'aurais pas pris le soldat Grosso en remplacement d'Huget. Le nom qui me vient à l'esprit est celui d'Aurélien Rougerie. Formidable compétiteur, il peut apporter la fluidité au centre avec son compère de club Fofana, reprendre le poste à l'aile laissé vacant par Huget, voire assurer un intérim à l'arrière avec sa taille et sa vaillance sous les ballons hauts. Surtout, capitaine de Clermont pendant des années et détenteur de 71 sélections avec l'Equipe de France, il a souvent eu ce rôle de patron des lignes arrières qui nous fait défaut. 

Sans cette expérience rapportée, il faut espérer qu'un bon recadrage de la locomotive de devant envers les wagons de derrière (je ne crois pas que l'on puisse éviter le coup de gueule interne de Dusautoir envers les joueurs portant les numéros 11 à 15) associé à l'arrivée du "puncheur castrais" suffisent à mettre cette huile qui manque aux rouages de la ligne de 3/4 de Patrice Lagisquet. Allez les Bleus. 



samedi 1 octobre 2011

Avec des si... on passe en demi

Ridicule, navrante, énervante, l'équipe de France est en quart de finale de ce Mondial néo-zélandais sans le mériter. Les Tongiens eux méritent leur victoire et le 1er octobre n'est pas loin d'être décrété jour férié dans cette petite île du Pacifique.


Avec un peu plus d'ambitions, les Tongiens auraient même pu éjecter le favori français des phases finales. Pourtant, avec des si on mettrait Wellington en bouteille et, pourquoi pas, la France en demi... mais avec l'équipe ci-dessous :

Poux : s'il est remis de sa coupure au cuir chevelu,

Servat : s'il garde la boule à Zed (parce que la chevelure de Szarzewski...),

Mas, s'il est remis de blessure,

Nallet : s'il prend le capitanat,

Pierre : s'il est décidé à se faire un nom avec son prénom, comme dans le tournoi,

Dussautoir : si dégagé du poids du brassard, il devient le Betsen découpeur de Wilkinson d'antan,

Bonnaire : s'il se décide à plaquer aux jambes en bout de ligne,

Harinordoquy : s'il se rase la moustache,

Parra : s'il est efficace contre les poux,

Trihn-Duc : si la logique est enfin respectée,

Traille : s'il joue enfin à son poste, 1er centre (capable de suppléer Trinh-Duc au pied et d'apporter de la densité physique face aux centres anglais monstrueux, ouais, là c'est un peu technique),

Rougerie : s'il ne joue pas en caleçon (là ce n'est pas technique, c'est juste esthétique)

Heymans : s'il est toujours Toulousain dans sa tête,

Clerc : PAS DE SI, IL EST OBLIGATOIRE, une occasion - un essai, le seul à surnager dans la mélasse,

Médard : s'il ne se rase pas les rouflaquettes.

jeudi 22 septembre 2011

La charnière de la porte

Du temps de Laporte, la presse y allait de ses commentaires sur l'association 9-10 qui changeait tout le temps. Aujourd'hui rien n'a changé et l'on atteint le paroxysme avec l'association Yachvili-Parra au moment du plus gros match que la France va jouer dans cette coupe du monde.



Est-ce une farce? Non, tu peux te pincer très fort tu ne rèves pas. Il en a révé, il l'a fait!


Et pourtant, c'était à parier qu'il allait le faire, notre sélectionneur national. Tout simplement parce que cela dure depuis un moment. Je vous parle là d'un temps que les moins de 20 ans peuvent à peine connaître, un temps ou le sélectionneur national avait un avenir de ministre et qu'il ne le savait même pas, un temps où l'équipe de France de rugby se cherchait... une charnière.

Dommage, je n'ai plus les statistiques mais repensez aux chaises musicales qui ont eu lieu depuis l'ère Laporte : Elissalde et Michalak en 9 ou en 10 (on ne savait jamais quel numéro on allait leur coller sur le dos), les allers-retours de Yachvili et Beauxis, Galthié qui ne savait jamais avec qui il allait faire la paire, la montée de Traille (pour redescendre à l'arrière) etc...

Toute l'agitation d'aujourd'hui tient dans les racines de cette instabilité passée, dans cette charnière qui branle dans le manche depuis 10 ans, de notre incapacité à faire confiance sur plus de 3 matches à 2 joueurs clés dans l'organisation de l'équipe. Pourtant, Marc avait des convictions : il a placé Trinh-Duc et Parra dès son arrivée pour passer les plats entre avants et arrières avec l'objectif des les imposer 4 ans plus tard en coupe du monde. Mais il se prend les pieds dans le tapis au moment de les servir. Pourquoi? Au nom de la forme du moment semble-t-il. Mais surtout au prix de la confiance de ses hommes à la veille de se coltiner ce qui se fait de mieux sur la planète rugby.

Nous verrons samedi si une fois les pieds du coach pris dans le tapis, le reste de la troupe aura suffisament de talent pour maintenir les plats sur le plateau sans asperger les convives et rentrer à l'hôtel sans suppléments de bagages. Ne vendons pas la peau du coq, il n'est jamais aussi coriace que quand on ne l'attend pas et là, franchement, on n'est pas prêt à descendre à l'arrêt de bus pour le voir arriver.

En revanche, Philippe Saint-André sera-t-il capable de prendre enfin un tournevis pour resserer les vis de sa charnière et faire qu'elle ne soit plus branlante quand on poussera la porte et que le lièvre se sera échappé. Rien n'est moins sûr tant cette ADN de la charnière incertaine semble dorénavant inscrite dans l'identité de l'équipe de France. Allez les Bleus.

samedi 12 juin 2010

Pas si loin...


J'ai beau avoir beaucoup de respect pour Eric Bayle, le très sympathique et très apprécié journaliste de Canal+, je ne peux pas être d'accord avec ses commentaires en direct lors de ce sommet entre les champions du Monde et les champions d'Europe au Cap. Certes, le score est sévère et sans appel. Mais qu'a-t-il manqué aux Français? Quelques placages réussis, une paire de centre et un peu plus de temps de préparation. Le score n'est pas le témoin d'un écart si important entre les bleus de France et les Bocks d'Afrique du Sud.


Les gros étaient là.

Devant, on s'y attendait et on a pas été déçus. Ce fut un combat apre, dur, viril. Mais les Français ne se sont pas échappés, ils n'ont pas fui devant la furia bock. Ils ont accepté la violence des placages et des mélées ouvertes et ont répondu présents, à l'image d'un Lionel Nallet toujours aussi exemplaire au combat. La mélée ne nous fut pas défavorable et seule la touche, élément du jeu de rugby si technique et si préparé à l'entraînement, fut à critiquer. Les déblayages bleus mirent à plusieurs reprises les Sud'Afs sur le reculoir et permirent bon nombre de turnovers au profit de la France.


Le malheur de l'équipe de France, c'est d'être passé au travers des 20 premières minutes d'un match capital, revanche de la défaite des bocks à l'automne à Toulouse. Trop d'erreurs de défense ont émaillé le début de match pour installer le XV de France dans la partie. Cette équipe a pêché par excès de confiance. Toute resplendissante après son grand chelem sorti de l'hiver froid de notre hémisphère, elle a envoyé du jeu, beaucoup trop de jeu et s'est faite contrer. Normal face à une équipe aussi expérimentée et solide que l'Afrique du Sud qui n'en n'attendait pas tant pour nous piquer au fer chaud de son esprit de revanche dès la deuxième minute.


Ensuite, nos bleus ont juste oublié de plaquer et se sont offerts aux flèches ultra-rapides de l'équipe championne du monde qui sort des merveilles d'ailiers et d'arrières comme si le réservoir ne s'épuisait jamais.


Las, le match était plié et il fallut une passe hasardeuse de Trinh-Duc (qui gacha un 5 contre 3 d'attaque des français) pour emballer définitivement nos espoirs à la 65ème après que la France a fait de la résistance pour rester au contact et au moment même où elle prenait un ascendant sur son adversaire, laissant entrevoir une fin de match de feu.


Triangle de Bermudes.

Ce fut bien là la faiblesse de l'équipe de France. Le triangle d'attaque formé d'un Trihn-Duc à cours de compétition et des centres Catalans inexistants, transparents et maladroits lorsqu'ils eurent le ballon a sombré. Nos sélectionneurs ont peut-être peché par excès de fidélité à leur 10 emblématique dont le manque de rythme et de justesse dans ses choix a été flagrant. Skrela, plus lourd, plus dense, plus capable au pied de renvoyer les bocks vers leurs chères études dans leur camps et tout frais champion d'Europe semblait pourtant mieux armé pour conduire la brouette française en terre africaine.


Juste derrière, la densité physique d'un Bastareaud ou la technique d'un Jauzion nous ont manqué pour soutenir la comparaison avec un quinze d'Afrique du Sud qui faisait parfaitement glisser sa défense et profitait de chaque ouverture en attaque pour mettre de la vitesse et créer des brêches.


Au final, n'en déplaise à Eric Bayle, il n'y avait pas tant d'écart entre les deux équipes que le score pourrait le laisser penser et une meilleure discipline couplée à un début de match plus prudent de la part de nos Bleus auraient pu changer le cours de la rencontre. On en regrette que le prochain match prévu en Argentine nous prive d'une revanche en terre africaine car le Champion d'Europe aurait sûrement montré que les bleus ont les moyens de le disputer aux Bocks.


Devant le rugby très accompli de ces Sud'Afs, on en vient à craindre pour l'Italie qui sera le prochain adversaire des Bocks. Parions que le score sera aussi lourd que contre la France mais le contenu sera bien différent et démontrera qu'en ce 12 juin 2010, la France, en fin de saison d'hémisphère Nord et après seulement quelques jours passés ensemble, n'est pas si loin.

jeudi 13 mai 2010

Mea Culpa

Le 15 janvier, je titrai "Haro sur la H Cup" arguant du fait que les conseils de discipline irlandais allaient interdire l'accès aux finales de la Coupe d'Europe aux clubs français. Et qu'un jour, ces clubs français finiraient par partir et que cela en serait fini de la coupe d'Europe irlandaise. Il avait des bons relents de nationalisme pourtant mon petit post dans lequel j'entraînais les Anglais et les Italiens pour faire la nique aux nations Celtes.

J'ai l'air malin avec un finale Stade Toulousain - Biarritz... qui plus est au Stade de France!

J'ai beau essayer de me convaincre, ni le Pays Basque, ni le midi-Pyrénées ne sont celtes, de près ou de loin. Pas la trace d'un kilt, d'un biniou ou d'une marque de bière ou de wiskhy. Rien, nada, la bulle.

Voilà, il y a des années où ça ne veut pas sourire et où le blogueur se doit de reconnaître que lui aussi peut faire des erreurs. Mais vous verrez l'an prochain... on en reparlera. Tout cela n'est pas bien grave, et ne me coupe pas l'appétit... il est vrai que comme tout bon français j'ai un bon coup de fourchette (elle était facile).

dimanche 28 février 2010

La panne de jeu...

Il est amusant de constater que l'équipe de France joue sur les acquis de Bernard Laporte : la défense, la discipline. Les deux derniers matches ont été gagnés sur ces bases.
En Angleterre où je me trouvais ce week end, Jonathan Davies le célèbre gallois devenu commentateur de la BBC disait que le coach de la défense gallois était sûrement le deuxième meilleur au monde... derrière David Ellis qui officie pour l'équipe de France et ce depuis l'ère Laporte.

J'apprécie beaucoup Marc Lièvremont mais je peine à voir le schéma de jeu qu'il souhaite voir appliquer sur le terrain. Certes la défense est la base de l'attaque dans le rugby moderne mais que nous serait-il arrivé si nous n'avions pas fait 2 interceptions où si les gallois ne s'étaient pas emmélés les crayons. Nous aurions défendu de façon stérile car il ne me semble pas que nous ayons eu la capacité à créer derrière notre conquête.


Je trouve la remarque de Laurent Bénezech http://www.oeildebenezech.fr/ fort juste lorsque l'on compare le XV de France aujourd'hui aux Anglais de Woodward en 2003. Laisser la balle à l'adversaire et le faire déjouer sur notre force physique et notre organisation défensive, jouer les contres et marquer les pénalités. Ca c'était le rugby d'il y a presque 10 ans, aujourd'hui les Blacks nous ont montré la voie au mois de novembre à St Denis en faisant vivre le ballon.


Warren Catland, l'entraineur Gallois d'origine Kiwi, ignore totalement la prestation française et dit dans tous les journaux qu'il est fier de son équipe car elle a tenté de produire du jeu. Mais elle a perdu. Nous n'en n'avons pas créé et nous avons gagné. Pour le moment...

Seul le résultat compte et la France est toujours en lice pour un grand chelem après une victoire à Cardiff (ne l'oublions pas) ce qui est tout de même un exploit. Gageons qu'avoir joué à l'extérieur aura inhibé les velléités créatives françaises et que nos deux derniers matches à Paris nous permettront de voir un autre visage du XV de France, plus près du discours sur le jeu proné par Marc Lièvremont.

vendredi 26 février 2010

Duels au sommet

Rarement opposition des bleus nous aura donné l'occasion d'assister à des duels si pimentés. Si le match que s'apprête à disputer le XV de France face aux diablottins gallois sous le toît de Cardiff ce soir sent la poudre, c'est par ce qu'au-delà du signe indien de la 3° victoire d'affilée qui est à vaincre pour la première fois sous l'ère Lièvremont, les pistolets vont sortir au bout de dix pas dans tous les coins du terrain.

En première ligne tout d'abord où Adam Jones aura fort à faire avec la révélation du tournoi, Thomas Domingo, celui-là même qui donna le tournis à John Hayes, le pilier irlandais aux 99 sélections. Attention tout de même car le chevelu affiche 60 sélections au compteur et 31 ans "seulement" en comparaison ave les 37 du plongeur irlandais d'il y à 15 jours.

La troisième ligne où se trouve l'emblématique capitaine gallois Ryan Jones aux 36 capes et le gratteur de ballon champion du monde de la spécialité Martyn Williams sera un duel à 6 face à la triplette française Bonnaire, Dusautoir, Harinordoquy. Cela dit, il ne sera pas question de pétanque mais bien de rugby dans cet affrontement où la mobilité et le soutien rapide au porteur dans les rucks seront primordiaux. L'arbitre M. Kaplan aura aussi son mot à dire dans ces phases où anglo-saxons et français semblent appliquer la règle de façon parfois si différente.

Trihn-Duc a illuminé de sa classe le match de la France contre l'Irlande (derrière un pack qui avance) face à un O'Driscoll ombre de lui même (derrière un pack qui recule). Ce soir, nous verrons Stephen Jones (ils sont 4 Jones dans l'équipe, diable) qui, si on le compare à son équivalent irlandais est né comme lui en 1977. Au nombre des sélections, les chiffres restent les mêmes mais s'inversent : 98 pour O'Drsicoll, 89 pour Jones. Autant de points communs qui laissent augurer que l'ouvreur bleu devrait faire subir le même sort à Stephen Jones que celui réservé à Ronan O'Gara à St Denis il y a 15 jours. Méfiance quand même quant au jeu au pied du stratège gallois de Llanelli, auteur à ce jour de 788 points avec le Pays de Galles et dont on connaît bien la régularité du côté de Clermont.

Le centre de l'attaque nous réserve de bien beaux mano à manos tant la paire Roberts-Hooks est mobile, rapide et joueuse au pied. En cela, elle semble diamétralement différente de la paire rentre-dedans Jauzion-Bastareaud et c'est cela qui rend ce duel si intéressant. Les deux centres Gallois totalisent 185 Kg tandis que les bulldozers français accusent 217 Kg pour exactement la même taille moyenne. L'opposition des styles de ces 2 lignes sera forcément l'un des attraits principaux de ce match. Et l'on attend beaucoup de notre paire de centres face à des adversaires si différents d'elle alors qu'elle avait plié la paire O'Driscoll-D'Arcy qui lui était si resemblante sur le pré de St Denis. La tache lui sera-t-elle aussi aisée?

Une des clés du match pour voir se dessiner un vainqueur sera sans doute le combat de devant car ce sera au pack de gagner et distribuer les ballons qui permettront aux lignes arrières de briller dans les duels de fond de cale.

A ce titre, Julien Malzieu va dépasser d'au moins une tête ses compères des ailes au moment des hymnes et si Andreu venait à rentrer, nous assisterions à un match d'ailiers de poche que ne renieraient ni la paire catalane Syd-Candelon, ni les gloires récentes de l'équipe de France Bernat-Salles-Dominici. Un duel "au sommet" dont on se délecte déjà... au ras du gazon de Cardiff.

Allez les bleus! Dix pas et feu!

jeudi 18 février 2010

Article du Telegraph

Une fois n'est pas coutume, je vous propose un article de la presse anglaise que je me suis amusé à traduire (quelque peu librement sur la forme). N'hésitez pas à poster vos commentaires sur les points de vue de nos amis britanniques.



La première ligne Irlandaise s’en sort sans être accusée de meurtre contre la France.




L’Irlande ne peut plus se plaindre de la perfidie française liée à la main de Thierry Henry. L’équipe d’Irlande de rugby a tellement voulu tricher samedi soir qu’il n’aurait pas été surprenant de voir la mimine de Brian O’Driscoll sortir du chapeau à la fin du match contre le XV de France.


Par Mark Reason in Paris (traduit librement par Dag 111).


Publié dans The Telegraph : 9:07PM GMT 13 Feb 2010



A plat et dehors : Cian Healy prend un carton jaune et son équipe rentre à la maison avec une défaite contre la France. Photo: AFP/GETTY IMAGES


L’Irlande a joué une partie de la première mi-temps à 14 après que Cian Healy a écopé d’un carton jaune mais c’est toute la première ligne qui aurait dû sortir. Comme l’écrit Paul Ackford, le rugby va devenir l’anarchie tant la tricherie est devenue monnaie courante.


Les matches d’hier en sont un parfait exemple et les arbitres doivent maintenant officier selon la formule de Blair : « Dur contre le crime, dur contre les meurtriers ». Les plus gros meurtriers au Stade de France furent la première ligne Irlandaise et pourtant elle ne fut presque jamais inquiétée.


Healy reçut un carton jaune mérité pour un plaquage douteux sur Morgan Parra alors que la France avait l’opportunité d’aller à l’essai mais on frôle le scandale quand on voit que d’autres joueurs n’ont pas suivi. Wayne Barnes est un bon arbitre mais on peut penser qu’il s’est retenu, ayant déjà sorti un Irlandais du terrain.


Le suivant fut le talonneur Jerry Flannery qui asséna un bon râteau sur l’ailier Français Alexis Palisson. Un geste extrêmement dangereux en plus d’être un acte d’anti-jeu qui força finalement Palisson à quitter le terrain et qui aurait pu facilement lui casser la jambe.


Un samedi soir en banlieue, c’eut été la guerrilla urbaine.

Sur le pré, Flannery ne fut pas inquiété. Mr Barnes ne fit pas appliquer les lois du jeu et ne fit même pas mine de mettre la main à la poche pour infliger à Flannery le carton rouge direct que son geste méritait.


Mais avant de faire haro sur ce pauvre M. Barnes, voyons d’abord le contexte dans lequel officient les arbitres qui hésitent à mettre les joueurs dehors. Si Flannery avait été renvoyé au vestiaire pour y méditer sur la stupidité de son geste, les anciens auraient d’une seule voix accusé M. Barnes de pourrir le match, de gâcher le spectacle. "C’est un sport d’hommes " aurait-on entendu.


"C’est un sport de tricheurs” faudrait-il plutôt dire. Quelques instants après que Flannery ait été pardonné, la mêlée irlandaise eut à défendre sa ligne. Elle avait autant de chances de rester debout qu’un pissenlit face à un ouragan. C’est alors que les Irlandais firent ce que toute mêlée débordée fait dans le rugby d’aujourd’hui, elle alla au sol comme huit ânes sur une patinoire.

Le têtu John Hayes n’ayant aucune envie d’en découdre avec Thomas Domingo, il fit s’écrouler l’édifice. La farce continuant, l’arbitre M. Barnes avait plusieurs solutions. Il aurait pu et aurait dû donner un essai de pénalité alors que l’Irlande reculait et s’effondrait derrière sa ligne. Il aurait pu et aurait dû avertir Hayes pour son manque d’engagement. Et il aurait pu et aurait dû sortir le même Hayes.


Mais à l’instar des arbitres des matches de la semaine passée, M. Barnes a permis à la première ligne de s’en sortir sans être accusée de meurtre. La conséquence à long terme sera que la mêlée cessera d’exister comme une phase de jeu essentielle et que nous finirons tous par jouer à XIII.


Tricher est devenu si endémique dans le sport professionnel que l’on atteint le point de non-retour. Hier ce fut le tour des Irlandais, mais en d’autres occasions la France, le pays de la fourchette, a été au premier rang.


L’an passé, Mathieu Bastareaud avait déclaré qu’il avait été victime d’une agression en Nouvelle-Zélande alors qu’il était entré en collision avec la table de nuit de sa chambre d’hôtel. Le Premier Ministre Français présenta des excuses et Bastareaud voulu en finir en se jetant dans la Seine. « French player goes in Seine » (intraduisible) aurait pu être le titre des journaux. A présent, cela raisonne comme une métaphore.

vendredi 15 janvier 2010

Haro sur la H Cup

Boycott. Voilà où il va falloir en arriver pour que cesse la règle insensée de la double peine. Pourquoi les clubs français s'évertuent-ils à jouer les Coupes d'Europe qu'ils ne gagnent plus jamais car ils sont constamment à 15 contre 16 pour cause d'arbitres incompréhensibles au risque de voir leurs meilleurs éléments cités à comparaître et être suspendus à la fois pour les matches de H Cup et pour le Top 14.

Car voilà la belle affaire, tu joues la H Cup et si tu es pris par la patrouille, ta carrière s'arrête en Top 14. Et pourquoi est-ce qu'on ne te retirerai pas ton permis de conduire pendant qu'on y est ou ta carte au vidéo club.

Ce principe de la double peine est purement scandaleux et doit cesser. En plus d'être antisportif, il est anti-économique.

Messieurs les irlandais qui régissez le rugby européen dans vos hôtels intercontinentaux de Dublin, vous allez à votre perte. Viendra un jour où les clubs français en auront assez de payer des joueurs (talentueux et donc chers pour certains) que vous leur interdirez d'utiliser dans leur propre championnat. Face à vos arbitres et vos tribunaux, les clubs hexagonaux n'ont plus aucune chance de soulever la coupe en forme de H. Si en plus ils risquent d'y perdre le droit de faire travailler sur les prés du Top 14 les joueurs qu'ils payent, ils finiront par décider de ne plus venir.

M'est avis que c'est peut-être le but recherché. Faites votre ligue celte avec votre marque de bière et viendra bien un jour où les fromages qui puent se mettront d'accord avec les rosbifs et les ritals pour vous piquer votre sponsor et votre compétition. Une ligue franco-anglo-italienne vous prendra tous vos contrats et France Télévision, la BBC et la Rai par dessus le marché.

Vous avez le béret un peu bas sur le front et ça vous a déjà frolé une fois. Il se pourrait bien qu'un jour où l'autre, les grandes gueules du rugby français vous l'enfonce jusqu'aux narines et que cette fois vous soyez obliger de jouer tout seul dans votre coin.

70 semaines ce n'est pas sérieux. Think about it...